(Ottawa, Ontario – Le 5 août 2008) – Au cours de la période menant aux Jeux olympiques 2008 à Beijing, certains fabricants de suppléments alimentaires et produits nutritionnels sportifs ont fait campagne afin de promouvoir l’usage de suppléments dits «approuvés » par le CIO ou l’AMA. Le Centre canadien pour l’éthique dans le sport (CCES) tient à rappeler aux athlètes, aux entraîneurs et à tous les autres membres du personnel d’encadrement qui participeront aux prochains Jeux, que le CIO et l’AMA ne certifient aucun produit. Au contraire, ces deux organisations déconseillent fortement aux athlètes de faire usage de suppléments.
Les athlètes canadiens se tournent vers le CCES et les autorités sportives pour obtenir des conseils relativement aux suppléments alimentaires et produits nutritionnels, principalement dans le but d’éviter de commettre une violation aux règles antidopage par inadvertance en raison d’erreurs d’étiquetage ou de contamination. Les risques d’usage de suppléments sont connus et documentés. À l’approche imminente des Jeux, le CCES enjoint les athlètes canadiens à faire en sorte d’éviter le risque de contrevenir par inadvertance aux règles antidopage et a décidé de diffuser de nouveau à leur intention cet Avis leur signalant les risques connexes aux suppléments.
La prise en compte de cet avis du CCES ne peut éliminer le risque de dopage par inadvertance. Il vise à sensibiliser davantage les athlètes aux dangers liés aux suppléments et à réduire le risque de dopage par inadvertance lié à l’usage de suppléments.
Les athlètes doivent savoir qu’en vertu des règles antidopage en vigueur, ils sont ultimement responsables de toutes les substances trouvées dans leur organisme. La règle de responsabilité stricte vise à protéger l’intégrité du sport et l’efficacité de l’effort antidopage mené dans le monde entier. C’est pourquoi, la décision de faire usage de suppléments doit être soigneusement réfléchie et ne doit pas être prise seul. La position du CCES est qu’un athlète doit s’abstenir d’utiliser des suppléments à moins que ce besoin ne soit réellement fondé.
Les athlètes qui choisissent de consommer des suppléments alimentaires et produits nutritionnels en connaissant les risques potentiels et en sachant qu’ils devront en assumer pleinement la responsabilité, peuvent réduire le risque de commettre une violation aux règles antidopage par inadvertance en prenant les mesures suivantes :
- Toujours rechercher des conseils professionnels sur la nécessité d’utiliser des suppléments et sur les suppléments appropriés avant de décider de consommer des suppléments. Les médecins d’équipe et les nutritionnistes de sport sont d’excellentes ressources à cet effet et ils peuvent être contactés par l’entremise de votre organisme de sport ou par les Centres nationaux multisport canadien. Si ces professionnels ne vous sont pas accessibles, vous devriez rechercher les conseils d’un pharmacien. Toujours s’assurer que les professionnels sont sensibles aux risques associés à l’utilisation de suppléments et qu’ils examinent la Liste des interdictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA) avant de fournir des conseils. Le Livret de classification des substances du CCES applique la liste de l’AMA au marché canadien et peut être téléchargé à l’adresse suivante : www.cces.ca/pdfs/CCES-PUB-SubstanceClassification-F.pdf.
- Examinez avec soin si vous avez réellement besoin d’un supplément en déterminant si vous avez d’autres options plus sûres, telles qu’un changement à votre diète ou à votre programme de nutrition.
- Ne jamais utiliser un supplément parce qu’un collègue ou un compétiteur l’utilise ou le recommande.
- Ne pas débuter ou modifier un régime de suppléments à la veille d’une compétition majeure.
- Les suppléments forment une vaste gamme de produits différents, et le niveau de risque de contamination est moindre à une extrémité du spectre et beaucoup plus élevé à l’autre extrémité. Les vitamines et les minéraux sont habituellement (mais pas toujours) moins inquiétants concernant le mauvais étiquetage et la contamination par inadvertance par une substance interdite. À l’opposé, les suppléments qui ne sont pas des remplaçants diététiques et qui prétendent apporter des avantages au niveau du rendement (exemple : aide la musculation, aide à brûler les calories) sont à risques élevés. Parmi les exemples de substances qui sont bannies et qui continuent d’apparaître dans les suppléments de temps à autre, on retrouve : DHEA, Éphédrine, Androsténédione/diol, amphétamines et Ma Huang.
- Il existe toujours un risque accru de dopage par inadvertance lorsque les suppléments sont achetés selon des moyens non traditionnels tels que : sur l’Internet, par l’entremise de revues ou directement d’un fournisseur non autorisé. Le problème est que le manufacturier de ces suppléments est inconnu. Les produits achetés d’un fournisseur fiable ou directement d’une entreprise réputée sont habituellement associés à un risque moins élevé de mauvais etiquetage ou de contamination. Déterminer si le manufacturier du produit fabrique également des produits contenant des substances qui se trouvent sur la liste des interdictions de l’AMA. Si c’est le cas, il y a certainement un risque plus élevé de contamination croisée entre les différents produits. Les recherches récentes indiquent qu’il est très difficile d’éliminer le risque de contamination croisée à l’usine. Si vous avez un choix de fournisseurs, il est préférable de toujours choisir un produit d’une compagnie qui possède une bonne réputation et qui fabrique également des produits pharmaceutiques brevetés, préférablement à une qui est inconnue.
- Toujours respecter le dosage recommandé et la façon de consommer tels qu’indiqués sur l’étiquette du produit. Apporter une attention toute particulière aux interactions négatives éventuelles si l’on consomme plus d’un supplément nutritionnel en même temps. Utiliser les produits de supplément nutritionnel tout comme vous le feriez avec des médicaments en vente libre. Si la dose recommandée est un comprimé, l’utilisation de deux ou plus pourraient ne pas être avantageuse, inhibitrice et même dangereuse.
- Maintenir un dossier de l’utilisation de suppléments (tout comme votre cahier d’entraînement), y compris les coordonnées du manufacturier, les numéros de groupe ou de lot du produit et le moment de la consommation. Toujours conserver une petite quantité de chaque contenant de suppléments advenant qu’il survienne un problème exigeant que le produit fasse l’objet d’un examen. Même si la tenue de ces renseignements ne pourra pas être utilisée en tant que défense valable dans un cas de violation des règlements antidopage, vous pourriez avoir suffisamment de preuve pour exiger une compensation du manufacturier.
- À chaque fois que vous décider d’utiliser un supplément, contactez directement le manufacturier afin de vérifier si le manufacturier est prêt à répondre de son produit si jamais celui-ci serait la cause d’une violation aux règles antidopage. Demandez ces questions : Le manufacturier offre-t-il une certaine forme de garantie ou de compensation si jamais le produit est la cause d’une violation aux règles antidopage? Est-ce que le manufacturier contrôle rigoureusement ses suppléments? Est-ce que les contrôles effectués par le manufacturier sont conformes aux standards de l’AMA et est-ce que ces contrôles portent sur l’ensemble de la Liste des interdictions ? Est-ce que ces contrôles rencontrent les critères de l’AMA pour les seuils quantitatifs? Quelle preuve le manufacturier exige-t-il pour que vous ayez droit à une telle compensation ? Si le manufacturier offre une certification ou une garantie, toujours obtenir une lettre de confirmation signée par un administrateur senior de la compagnie. Si le manufacturier n’offre pas de certification ou de garantie, considérez sérieusement ne pas utiliser ce produit.
Le CCES est un organisme indépendant, national et sans but lucratif. Notre mission, soit la promotion de l’éthique dans tous les aspects du sport au Canada, se réalise grâce à la recherche, la promotion, l’éducation, la détection et la dissuasion, ainsi que par divers programmes et partenariats avec d’autres organismes.
Pour plus de renseignements, veuillez communiquer avec :
Rosemary Pitfield, Directrice des communications
(613) 521-3340 poste 3236
(613) 355-0889
rpitfield@cces.ca
(Also available in English)